L’essentiel
- Sur les 120,4 millions de dons de sang collectés chaque année dans le monde, 36 % le sont dans des pays à revenu élevé où vit 15 % de la population mondiale.
- On compte 28,9 dons de sang pour 1000 habitants dans les pays à revenu élevé, 18,2 dans les pays à revenu intermédiaire supérieur, 8,5 dans les pays à revenu intermédiaire inférieur et 4,5 dans les pays à faible revenu.
- Une augmentation de 10,7 millions de dons de sang provenant de donneurs et donneuses volontaires non rémunérés a été observée entre 2013 et 2023. Au total, 80 pays obtiennent plus de 90 % de leurs approvisionnements en sang auprès de donneurs et donneuses volontaires non rémunérés. Cependant, 59 pays recueillent encore plus de 50 % de leurs approvisionnements en sang par des dons de compensation (dons de proches ou de membres de la famille) ou par des dons rémunérés.
- Seuls 49 des 168 pays ayant communiqué des données produisent des produits médicaux dérivés du plasma par fractionnement du plasma recueilli dans le pays. Au total, 119 pays ont déclaré importer tous leurs produits médicaux dérivés du plasma, ou bien aucun produit médical dérivé du plasma n’a été utilisé pendant la période considérée.
- Le volume du plasma destiné au fractionnement pour 1000 habitants varie considérablement entre les 36 pays ayant communiqué des données, allant de 0,3 à 55,4 litres, avec une médiane de 5,4 litres.
Politique nationale de transfusion sanguine et organisation des services
La transfusion sanguine permet de sauver des vies et d’améliorer la santé, mais de nombreux patients et patientes nécessitant une transfusion n’ont pas accès en temps opportun à du sang sûr. Dans chaque pays, l’approvisionnement en sang sûr et adéquat devrait faire partie intégrante de la politique et de l’infrastructure nationales en matière de soins de santé.
L’OMS recommande que toutes les activités liées à la collecte, à l’analyse, au traitement, au stockage et à la distribution du sang soient coordonnées au niveau national grâce à une organisation efficace et à des réseaux intégrés d’approvisionnement en sang. Le système national du sang devrait être régi par une politique nationale et un dispositif réglementaire spécifiques afin de promouvoir la mise en œuvre uniforme des normes et d’assurer la qualité et la sécurité constantes du sang et des produits sanguins.
En 2023, 79 % des pays ayant communiqué des données, soit 133 pays sur 168, étaient dotés d’une politique nationale de transfusion. Globalement, 71 % des pays ayant communiqué des données, soit 120 sur 168, se sont dotés d’une législation spécifique portant sur la qualité et la sécurité de la transfusion sanguine.
L’approvisionnement en sang
Environ 120,4 millions de dons de sang sont collectés chaque année dans le monde, dont 36 % dans des pays à revenu élevé, où vit 15 % de la population mondiale.
Il existe une différence marquée dans le niveau d’accès au sang entre les pays à faible revenu et ceux à revenu élevé. Le taux de dons de sang total est un indicateur de la disponibilité générale de sang dans un pays. Le taux médian de dons de sang dans les pays à revenu élevé est de 28,9 pour 1000 habitants, contre 18,2 dans les pays à revenu intermédiaire supérieur, 8,5 dans les pays à revenu intermédiaire inférieur et 4,5 dans les pays à faible revenu.
On dénombre 55 pays indiquant recueillir moins de 10 dons pour 1000 habitants. Parmi eux, 36 appartiennent à la Région africaine de l’OMS, 4 à celle des Amériques, 3 à celle de la Méditerranée orientale, 3 à la Région européenne, 6 à la Région de l’Asie du Sud-Est et 3 à celle du Pacifique occidental. Tous sont des pays à revenu faible ou intermédiaire.
Donneurs et donneuses de sang
Âge et sexe des donneurs et donneuses de sang
Les données ventilées selon le sexe montrent qu’au niveau mondial, 29 % des dons de sang proviennent de femmes, bien que ces proportions varient considérablement, allant de 0,6 % à 81 %.
Le profil d’âge des donneurs et donneuses de sang montre que, proportionnellement, plus de jeunes donnent du sang dans les pays à revenu faible et intermédiaire que dans les pays à revenu élevé. Les informations démographiques relatives aux donneurs et donneuses de sang sont importantes pour la formulation et le suivi des stratégies de recrutement.
Types de donneurs et donneuses de sang
Il existe 3 types de donneurs et donneuses de sang :
- volontaires non rémunérés
- proches ou membres de la famille
- rémunérés.
Un approvisionnement adéquat et fiable en sang sûr peut être assuré par une base stable de donneurs et donneuses de sang réguliers, volontaires et non rémunérés. Ces derniers constituent également le groupe le plus sûr, car c’est dans ce groupe que la prévalence des infections véhiculées par le sang est la plus faible. La résolution WHA63.12 de l’Assemblée mondiale de la Santé appelle tous les États Membres à instaurer des systèmes nationaux d’approvisionnement en sang sur la base de dons volontaires non rémunérés et à s’efforcer d’atteindre l’objectif de l’autosuffisance.
Les données communiquées à l’OMS font apparaître une augmentation importante des dons de sang volontaires non rémunérés dans les pays à revenu faible ou intermédiaire :
- Une augmentation de 11,6 millions de dons de sang provenant de donneurs et donneuses volontaires non rémunérés a été communiquée par 132 pays entre 2013 et 2023.
- Quelque 80 pays obtiennent plus de 90 % de leurs approvisionnements en sang auprès de donneurs et donneuses volontaires non rémunérés. Parmi eux, 70 pays en recueillent la totalité (ou plus de 99 %) de cette façon.
- Dans 59 pays, plus de 50 % de l’approvisionnement en sang dépend encore de dons de compensation, c’est-à-dire faits par des proches ou des membres de la famille, et de dons rémunérés.
Contrôle du sang
L’OMS recommande un dépistage systématique des infections dans tous les dons de sang avant leur utilisation. Il devrait être obligatoire pour le VIH, l’hépatite B, l’hépatite C et la syphilis et effectué suivant un système répondant à des exigences de qualité. Sur l’ensemble des pays ayant communiqué des données, 10 ne sont pas en mesure de rechercher une ou plusieurs des infections recensées ci-dessous dans l’ensemble du sang collecté.
À l’échelle mondiale, 63 % des laboratoires effectuant un contrôle du sang ont participé à des programmes d’évaluation externe de la qualité à la recherche d’infections à transmission transfusionnelle. Les pourcentages étaient respectivement de 92 %, 66 %, 48 % et 68 % pour les pays à revenu élevé, intermédiaire supérieur, intermédiaire inférieur et faible. La prévalence des infections à transmission transfusionnelle dans les dons de sang est bien plus basse dans les pays à revenu élevé que dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Traitement du sang
Le sang prélevé sur une solution anticoagulante peut être stocké et transfusé à un patient ou une patiente dans un état non modifié. On parle alors de transfusion de « sang total ». Cependant, le sang peut être utilisé plus efficacement s’il est séparé en ses composants, tels que les concentrés de globules rouges, les concentrés de plaquettes, le plasma et le cryoprécipité. Il peut ainsi répondre aux besoins de plusieurs patients et patientes.
Les pays à faible revenu disposent de capacités encore limitées pour fournir aux patients et patientes les différents constituants sanguins dont ils ont besoin : 52 % du sang collecté dans ces pays est fractionné, contre 81 % dans les pays à revenu intermédiaire inférieur, 94 % dans les pays à revenu intermédiaire supérieur et 98 % dans les pays à revenu élevé.
Approvisionnement en produits médicaux dérivés du plasma
La résolution WHA63.12 de l’Assemblée mondiale de la Santé appelle les États Membres à prendre toutes les mesures nécessaires pour créer, mettre en œuvre et soutenir, en fonction des ressources disponibles, des programmes relatifs au sang et au plasma coordonnés au niveau national, gérés efficacement et viables, afin d’arriver à l’autosuffisance. Il incombe aux gouvernements d’assurer un approvisionnement suffisant et équitable en produits médicaux dérivés du plasma, tels que les immunoglobulines et les facteurs de coagulation, qui sont nécessaires pour prévenir et traiter diverses maladies graves qui surviennent dans le monde entier.
Seuls 49 des 168 pays ayant communiqué des données produisent des produits médicaux dérivés du plasma par fractionnement du plasma recueilli dans le pays. Au total, 119 pays ont déclaré importer tous leurs produits médicaux dérivés du plasma, ou bien aucun produit médical dérivé du plasma n’a été utilisé pendant la période considérée.
Près de 21,5 millions de litres de plasma en provenance des 36 pays communiquant des données ont été fractionnés pour la production de produits médicaux dérivés du plasma pendant l’année. Ce chiffre inclut près de 27 % de plasma récupéré à partir de dons de sang total. Le volume de plasma destiné au fractionnement (et au traitement pour obtenir les produits médicaux dérivés du plasma) pour 1000 habitants varie considérablement entre les pays ayant communiqué des données, allant de 0,3 à 55,4 litres, avec une médiane de 5,4 litres.
Utilisation clinique du sang
Les transfusions inutiles et les pratiques transfusionnelles dangereuses exposent les patients et patientes au risque de réactions transfusionnelles indésirables graves et d’infections à transmission transfusionnelle. Les transfusions inutiles réduisent également la disponibilité des produits sanguins pour les patients et patientes qui en ont besoin.
L’OMS recommande la mise sur pied de systèmes – comités de transfusion hospitaliers ou systèmes d’hémovigilance, par exemple – pour suivre et améliorer la sécurité du processus transfusionnel. À cet égard :
- 129 pays sont dotés de lignes directrices nationales concernant l’utilisation clinique appropriée du sang : 34 pays de la Région africaine (soit 76 % des pays ayant communiqué des données dans cette Région), 20 de la Région des Amériques (65 %), 15 de celle de la Méditerranée orientale (88 %), 34 de celle de l’Europe (81 %), 9 de celle de l’Asie du Sud-Est (82 %) et 17 de celle du Pacifique occidental (77 %).
- Des comités de transfusion sont présents dans 40 % des hôpitaux pratiquant des transfusions, notamment dans 43 % des hôpitaux des pays à revenu élevé, 37 % de ceux des pays à revenu intermédiaire supérieur, 46 % de ceux des pays à revenu intermédiaire inférieur et 37 % de ceux des pays à faible revenu.
- Des systèmes de notification des manifestations transfusionnelles indésirables sont présents dans 68 % des hôpitaux réalisant des transfusions, en particulier dans 88 % des hôpitaux des pays à revenu élevé, 41 % de ceux des pays à revenu intermédiaire supérieur, 62 % de ceux des pays à revenu intermédiaire inférieur et 39 % de ceux des pays à faible revenu.
- Quelque 88 pays (représentant 52 % des 168 pays ayant communiqué des données) ont déclaré disposer d’un système d’hémovigilance.
Transfusions sanguines
Dans les pays à revenu élevé, la transfusion est le plus souvent utilisée pour les soins de soutien en chirurgie cardiovasculaire, en chirurgie de transplantation, en cas de traumatisme massif et en thérapie pour les tumeurs malignes solides et hématologiques. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, elle est utilisée plus fréquemment pour prendre en charge les complications liées à la grossesse et l’anémie sévère chez l’enfant.
Action de l’OMS
Le risque de transmission d’infections graves, y compris le VIH et l’hépatite, par un sang non sûr et les pénuries chroniques de sang ont attiré l’attention du monde entier sur l’importance de la sécurité et de la disponibilité du sang. Dans le but d’assurer l’accès universel à du sang et des produits sanguins sûrs, l’OMS a été à l’avant-garde de l’amélioration de la sécurité et de la disponibilité du sang et recommande la stratégie intégrée suivante pour la sécurité et la disponibilité du sang :
- Mise en place d’un système national de transfusion sanguine doté de services de transfusion sanguine bien organisés et coordonnés, ainsi que de politiques, d’une législation et d’une réglementation nationales en la matière efficaces et éthiques, fondées sur des données probantes et qui permettent de fournir des approvisionnements en sang et en produits sanguins sûrs en quantité suffisante et en temps voulu pour répondre aux besoins transfusionnels de l’ensemble des patients et patientes.
- Collecte de sang, de plasma et d’autres composants sanguins auprès de donneurs et donneuses volontaires non rémunérés à faible risque et réguliers grâce au renforcement des systèmes de don et à une gestion efficace des donneurs et donneuses, incluant soins et conseils.
- Dépistage de qualité garantie de tous les dons de sang pour détecter les infections à transmission transfusionnelle, y compris le VIH, l’hépatite B, l’hépatite C et la syphilis ; tests de confirmation des résultats de l’ensemble des donneurs et donneuses pour lesquels des marqueurs infectieux ont été décelés ; tests de groupe sanguin et de compatibilité ; et systèmes de transformation du sang en produits sanguins (composants sanguins pour la transfusion et produits médicaux dérivés du plasma), selon le cas, pour répondre aux besoins en matière de soins de santé.
- Utilisation rationnelle du sang et des produits sanguins pour réduire les transfusions inutiles et minimiser les risques associés à la transfusion, utilisation d’autres solutions que la transfusion dans la mesure du possible, et de bonnes pratiques de transfusion clinique sans risque, y compris la gestion du sang des patients et patientes.
- Mise en œuvre progressive de systèmes de qualité efficaces, incluant la gestion de la qualité, les normes, les bonnes pratiques de fabrication, la documentation, la formation de tout le personnel et l’évaluation de la qualité.
L’OMS aide les pays à développer leurs services de transfusion nationaux afin de garantir un accès rapide à des approvisionnements en sang et en produits sanguins sécurisés et suffisants et de bonnes pratiques transfusionnelles pour répondre aux besoins des patients et patientes. Elle fournit des orientations et une assistance technique aux pays en vue d’assurer l’accès universel à du sang et à des produits sanguins sécurisés et de tendre à une autosuffisance en la matière grâce à des dons de sang volontaires non rémunérés pour parvenir à la couverture sanitaire universelle.
*Source de données : Les données figurant dans cet aide-mémoire proviennent des réponses recueillies pour 2023 dans la base de données mondiale de l’OMS sur la sécurité transfusionnelle en provenance de 153 pays. Afin de donner un aperçu plus complet de la situation mondiale, lorsque les données actuelles n’étaient pas disponibles, les données pour l’année 2020 ont été utilisées pour deux pays et celles de l’année 2018 pour 13 pays. Dans l’ensemble, les réponses reçues de 168 pays couvrent 97 % de la population mondiale.